15/02/2010

Algérie : femmes lynchées d'El Haïcha : Drame et indifférence

 

Je reste étonné de la Laïcité ?

 

Qui critique à fonds la caisse les Catholiques,et le Pape Benoit XVI?

En Belgique ,c'est Monseigneur Léonard ,qui est victime de toutes les critiques,les procès d'intention et même de calomnies ?


Et en même temps ,la Laïcité reste passive devant de telles situations ?


Mais voila ?

Le respect des droits de l'homme a t'il un sens en 2010 ?

En Europe ?

Algérie
Le cauchemar des femmes lynchées d'El Haïcha
Par Anis Allik, publié le 12/02/2010 à 13:00 - mis à jour le 15/02/2010 à 14:33

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/le-cauchemar-des-femmes-lynchees-d-

el-haicha_848560.html?XTOR=EPR-181

RYAD KRAMDI/MILLEMO/MAXPPP pour L'Express

Un imam intégriste leur avait mis dans la tête que toute femme seule, ne pouvait

être qu'une prostituée


L'émotion submerge rapidement Fatiha (en bleu) et Rahmouna (en voile), lorsqu'elles

évoquent cet épisode.

Voir la photo :

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/le-cauchemar-des-femmes-lynchees-d-

el-haicha_848560.html?XTOR=EPR-181


Près d'un site pétrolier du Sahara, une centaine d'hommes lynchent un groupe de

travailleuses, à la suite du prêche virulent d'un imam. Rencontre avec deux

victimes qui, bravant les tabous, témoignent dans un livre-document.

Un deux-pièces, quelque part près d'Oran, dans le nord-ouest de l'Algérie. Trois

femmes sont assises dans un obscur petit salon, où flotte une odeur de soupe et de

détergent. Un épais foulard sur les cheveux, la maîtresse des lieux débarrasse la

table du midi et sert le café avec raideur.

Oranaise de souche, mère divorcée, Rahmouna, aujourd'hui âgée de 44 ans, a

travaillé pendant cinq ans comme femme de ménage et cuisinière, à proximité du

chantier pétrolier de Hassi Messaoud, une ville perdue dans le désert algérien.

Avec Fatiha, une amie proche, âgée de 35 ans, elle y a mené une rude vie

d'ouvrière. Des centaines de femmes vivaient là-bas, à la recherche d'un salaire

décent. Elles y ont vécu un cauchemar.

38 femmes en proie à des criminels déchaînés

Cette nuit du 12 au 13 juillet 2001, Rahmouna et Fatiha étaient chez elles, comme

chaque soir, dans leurs maisons du bidonville d'El Haïcha, près de Hassi Messaoud.

Dans cette favela saharienne au toponyme horriblement prédestiné (El Haïcha veut

dire "bête sauvage" en arabe algérien), elles vont connaître l'horreur. Avec 36

autres femmes, elles sont la proie de criminels déchaînés.

Un imam intégriste leur avait mis dans la tête que toute femme seule, ne pouvait

être qu'une prostituée.


Pendant près de cinq heures, aux cris d'"Allah Akbar" et d'appel au "djihad", elles

sont tabassées, injuriées, violées, souillées et mutilées par une horde de voyous

"talibanisés".

 Un imam intégriste leur avait mis dans la tête que toute femme travaillant et

vivant seule, "portant hijab ou pas", ne pouvait être qu'une prostituée et une

menace pour la sérénité de la communauté.

 Ils commettent l'innommable.

Comédienne et militante féministe, Nadia Kaci a suivi leur combat et publie ce

mois-ci en France leur témoignage (1). L'épisode atroce est connu en Algérie et

déjà fait l'objet d'un film (2).

 Mais l'originalité du livre tient au récit mené à la première personne: le drame

est raconté "de l'intérieur", par deux survivantes. Neuf ans après, l'horreur est

intacte.

Extraits du livre Laissées pour mortes.Les assaillants étaient une centaine,

explique Rahmouna: "Ils m'ont lacéré les cuisses et le ventre. Tout mon être et

tous mes membres étaient en sang.

 Ils étaient plusieurs sur moi." Fatiha intervient: "L'un d'eux, un monstre, m'a

jetée sur son épaule comme une bête d'abattoir et traînée jusqu'au cimetière proche

pour me violer, en menaçant de m'égorger avec un morceau de ferraille."

 Ce soir-là, conclut Nadia Kaci, l'une et l'autre sont "laissées pour mortes".

Depuis lors, beaucoup des survivantes vivent dans le silence et la honte. Elles

craignent les représailles et restent victimes de l'opprobre social. Rahmouna et

Fatiha auraient pu retourner à l'existence auxquelles elles semblent destinées -

celle typique des filles de condition modeste, privées d'enfance, sorties de

l'école avant l'âge, jetées dans l'univers violent des mères répudiées et rendues

coupables de mariages ratés.
 Il en sera autrement.

Raconter le calvaire

Rahmouna et Fatiha refusent de baisser les bras. Dans la douleur, bravant le mépris

et l'ignorance, elles font le tour des tribunaux autour de Hassi Messaoud et

racontent leur calvaire afin de confondre les auteurs du crime et leurs complices.

Pour rappeler à la bonne société, aussi, qu'elles ne sont "ni des prostituées ni

des femelles dépravées", mais des victimes d'individus "imbéciles et barbares".


DR

Laissées pour mortes, le lynchage des femmes de Hassi Messaoud, éditions Max Milo
A l'issue d'un procès, en 2004, trois hommes sont condamnés à des peines de prison

- huit, six et trois ans respectivement - tandis que six autres sont acquittés.

"Surtout, précisent-elles, 20 condamnations à vingt ans, 4 à dix ans et une à cinq

ans l'ont été par contumace". Ces coupables-là courent toujours. Rahmouna et Fatiha

craignent chaque jour d'en croiser un dans la rue.

Elles cherchent à tourner la page, sans pour autant oublier: "Nous avons refusé

d'être sacrifiées une deuxième fois, disent-elles.

 C'est l'essentiel."

Ces dernières années, Fatiha a épousé un ancien collègue de travail qui l'a

soutenue dans son épreuve. Cette union lui a permis de se réconcilier avec ses

parents, qui ne voulaient plus entendre parler d'elle. Rahmouna, elle, regrette de

ne pas avoir pu revoir son frère aîné avant la mort de celui-ci.

 Il l'accusait d'avoir sali la réputation de la famille.
Elle aurait tant voulu lui expliquer...

(1) Laissées pour mortes, témoignages recueillis par Nadia Kaci. Editions Max Milo,

2010.

(2) Vivantes, long-métrage de Said Ould Khelifa sorti en Algérie en 2008.

 a lire également :

Algérie
La nuit de la haine /

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/la-nuit-de-la-haine_848559.html

1948 -2008 60e anniversaire de la Déclaration des droits de l'homme .

Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

 
Article 4

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des

esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.


Article 5

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains

ou dégradants.

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